L’arrivée des beaux jours, associée au retour à « une vie normale », a remis sur nos routes, à la fois plus de vélos et plus de voitures. Quoiqu’en disent les cyclistes, qui semblent ne pas avoir apprécié la dernière campagne de l’ASWR « Ils sont de retour, soyez vigilants », il est pourtant indéniable qu’ils sont nettement plus nombreux à prendre leur vélo à la sortie de l’hiver…
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : environ 80% des accidents impliquant des 2 roues ont en effet lieu entre avril et septembre.(1)
Les automobilistes sont souvent tenus responsables lors d’un accident avec ces usagers considérés, à juste titre, comme faibles. Mais usager faible, ne signifie pas pour autant: « vélo tout permis ». Il est en effet coutumier de constater le nombre impressionnant d’infractions que s’autorisent les 2 roues sous ce fallacieux prétexte ! Certes, certaines dérogations leur ont été accordées (une ineptie à mon sens) comme celles de franchir un feu rouge pour tourner à droite ou d’emprunter un sens interdit. Mais, force est de constater, que trop souvent ils en abusent et outrepassent leurs droits…
Autant les automobilistes sont scrutés et verbalisés à la moindre infraction, autant pour les cyclistes, le laxisme des forces de l’ordre semble total… Et pourtant les infractions sont légions : absence du port du casque, trottinettes et vélos sur les trottoirs, enfants transportés, sans aucune protection, dans des vélos cargos (qu’il faudrait plutôt appeler « vélos cercueils » tant ils sont dangereux pour leurs jeunes occupants), rouler à deux de front en ville (même la marée chaussée à vélo le fait), sans compter les innombrables infractions au codes de la route…
Il y a vraiment « deux poids, deux mesures » : pour nos véhicules on exige le meilleur « crash test » et le port de la ceinture par tous les passager, et pour les cyclistes en convoi rocambolesque: nothing ! C’est inacceptable. Rouler en toute sécurité est devenu une véritable gageure pour les automobiliste en ville… C’est quasiment devenu mission impossible ! Pas seulement à cause de la vitesse, comme on nous le rabâche constamment, mais surtout à cause de tous les autres usagers nettement plus indisciplinés.
Trouvez-vous normal d’autoriser de mettre la vie et la santé d’enfants en péril en les transportant en pleine ville, parfois à 3 ou 4, sur ces engins démesurés sans aucune protection valable, au ras des pots d’échappement ? Ces enfants arrivent pour ainsi dire gazés à l’école ! Est-ce cela l’idée qu’il faut se faire des transports dits écologiques? Je pense sincèrement qu’il faudrait interdire purement et simplement tous ces vélos cercueils et autres montages sophistiqués qui permettent d’embarquer plusieurs enfants. Les nouveaux parents seraient-ils devenus à ce point irresponsables ou inconscients ?
Bien sûr qu’il faut continuer à favoriser les déplacements à vélo, mais pas à n’importe quel prix. il faut légiférer plus sévèrement et surtout faire aussi appliquer la loi, stricto sensu, à tous les usagers à 2 roues.
On comprend évidemment mieux la problématique quand on connait le parti en charge de la mobilité... Ceci expliquant cela : « tolérance zéro pour les méchants automobilistes et laxisme complet pour les gentils cyclistes… »
Alors il ne faut pas s’étonner que la tension monte entre ces 2 types d’usagers, mais quoi de plus normal dans ces conditions ? L’injustice a toujours été source de rébellion, alors ne soyons pas surpris qu’entre automobilistes et cyclistes le torchon brûle. Tant que la loi ne sera pas la même pour tous, il en sera malheureusement ainsi… A qui la faute ? A nos chers politiciens écolos qui ont décidé que le cycliste est roi et donc impuni quoiqu’il fasse !
Bon week-end à tous
Dr Patrick De Moor
Médecin généraliste
Directeur médical
Vivactis Group
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