Aux États-Unis, un homme greffé du rein en décembre 2024 est décédé 51 jours plus tard d’une encéphalite rabique, très probablement transmise par le greffon.
Environ cinq semaines après la transplantation, le patient a développé des tremblements, une faiblesse des membres inférieurs, une confusion et une incontinence, puis une fièvre associée à une hydrophobie et des troubles de déglutition, tableau clinique très évocateur de rage.
Malgré une prise en charge en soins intensifs et une ventilation mécanique, il est décédé au 7ᵉ jour d’hospitalisation. Les analyses effectuées aux CDC confirment l’infection : ARN viral dans la salive, la peau et le cerveau, et anticorps spécifiques dans le sérum, avec une souche typique de la rage de la chauve-souris argentée.
L’enquête est parvenue à remoonter au donneur, un habitant rural de l’Idaho, hospitalisé début décembre 2024 pour confusion, hallucinations, troubles de la marche, puis déclaré en mort cérébrale quelques jours plus tard. Les reins, les cornées, le cœur, les poumons et des vaisseaux avaient été prélevés. Ce n’est qu’après le décès du receveur que la famille du donneur rapporte un élément clé, absent du questionnaire de risque initial : quelques semaines avant sa maladie, il avait violemment affronté une mouffette dans une dépendance, en protégeant un chaton, et avait été griffé jusqu’au sang au niveau de la jambe. L’analyse de biopsies rénales du donneur montre la même souche virale que chez le receveur, ce qui confirme la transmission par l’organe transplanté.
Les autorités sanitaires ont identifié rapidement les autres receveurs d’organes et de tissus : trois greffons cornéens avaient déjà été transplantés. Tous ont été explantés et les patients ont reçu une prophylaxie post-exposition (immunoglobulines + vaccin), évitant tout cas secondaire de rage.
Au total, 357 personnes potentiellement exposées (soignants et proches) ont été recensées, dont 46 ont reçu une prophylaxie post-exposition.
Ce cas représente le quatrième épisode documenté de rage transmise par transplantation aux États-Unis depuis 1978. Sur 13 receveurs impliqués dans ces événements, 7 sont décédés faute de prophylaxie, alors que les 6 ayant reçu un traitement post-exposition adapté ont tous survécu.
Pour les auteurs du rapport des CDC, le message est clair : chez un donneur potentiel présentant une encéphalopathie aiguë, toute morsure ou griffure récente par un mammifère potentiellement réservoir de la rage (chauve-souris, mouffette, raton laveur, renard, chien, chat…) doit être systématiquement recherchée et discutée avec les autorités de santé publique avant tout prélèvement.
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L’équipe de rédaction Tempo Today
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