Un virus habituellement retrouvé chez des animaux marins, notamment les crevettes et certains poissons, pourrait être impliqué dans une maladie oculaire chronique observée chez l’être humain.
Une étude s’est penchée sur une affection en augmentation en Chine, l’uvéite antérieure virale avec hypertension oculaire persistante (POH-VAU), caractérisée par une élévation marquée de la pression intraoculaire et une inflammation de la chambre antérieure de l’œil. Jusqu’ici, son origine restait inexpliquée, les patients testant négatifs pour les virus oculaires habituellement en cause.
Pour explorer cette piste, les chercheurs ont étudié 70 patients diagnostiqués entre janvier 2022 et avril 2025. Dans les tissus oculaires prélevés lors d’interventions chirurgicales, ils ont observé, au microscope électronique, des particules virales compatibles avec le ‘covert mortality nodavirus’, ou CMNV. Aucune particule de ce type n’a été retrouvée chez les témoins sains. L’identification a ensuite été renforcée par des anticorps spécifiques et par le séquençage génétique, qui a montré une correspondance très élevée avec les souches de CMNV déjà décrites chez les animaux aquatiques.
L’étude a également cherché à comprendre comment ce virus pouvait être transmis à l’humain. Près des trois quarts des patients rapportaient soit une manipulation fréquente de produits aquatiques crus sans gants, soit la consommation d’animaux aquatiques crus. Pour aller au-delà d’une simple association, les chercheurs ont mené des expériences sur cultures cellulaires et chez la souris. Les animaux infectés ont développé des manifestations comparables à celles observées chez les patients, notamment une élévation de la pression intraoculaire.
Les auteurs soulignent enfin que cette question pourrait dépasser le seul contexte chinois. Dans leur enquête mondiale, le CMNV a été détecté chez 49 espèces, dont des crabes et des mollusques, à travers l’Asie, l’Afrique, l’Europe, l’Antarctique et les Amériques. Ces données suggèrent qu’un virus d’origine aquatique, largement répandu dans l’environnement, pourrait être associé à une maladie humaine émergente.
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L’équipe de rédaction Tempo Today
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