Christine, aujourd’hui âgée de 69 ans, a de lourds antécédents : épisodes de fibrillation atriale paroxystique pour lesquels elle reste anticoagulée par apixaban et reçoit du périndopril et de la flécaïne; cancer des deux seins à dix ans d’intervalle, traités par tumorectomie, chimiothérapie, radiothérapie et hormonothérapie (anastrazole) et diverses chirurgies orthopédiques. Elle et son mari sont sourds et s’expriment difficilement oralement. A la mi-juin de cette année, ils font appel, via leurs voisins, aux services de secours car « Christine étouffe », sa « respiration est bloquée ». Une ambulance est envoyée chez eux et Christine est transférée dans un service d’urgence.
Au moment de l’arrivée des secours, tout semble aller bien, mais la patiente est paniquée par ce qu’elle vient de vivre. L’interrogatoire est un peu compliqué et Christine montre sa gorge en faisant signe d’étranglement, comme si quelque chose l’avait empêché de respirer. Son mari confirme que c’est très impressionnant et que sa respiration se bloque.
Examen clinique normal
Aux urgences, l’examen clinique ne révèle rien de particulier, ni sur le plan auscultatoire, ni au niveau des paramètres vitaux. La saturation en O2 à l’air libre est de 98%. Les mollets sont non douloureux avec quelques varices. L’abdomen est sensible au niveau colique gauche, ce qui est en cohérent avec une diverticulose connue et une constipation relativement chronique. La prise de sang réalisée s’avère strictement normale. La radiographie du thorax ne révèle pas d’anomalie. L’ECG est normal et montre un rythme sinusal avec une fréquence cardiaque à 65/min. Le problème semblant se produire surtout la nuit en position couchée, l’urgentiste conclu à un possible reflux gastro-oesophagien et propose un traitement d’essai par esoméprazole.
Prélèvement biologique
Le lendemain matin, la patiente revoit son médecin traitant car la nuit a de nouveau été très compliquée, avec des épisodes de « blocage » de la respiration. A nouveau, l’examen clinique s’avère strictement normal. Par acquis de conscience, dans le but d’exclure une embolie pulmonaire même si c’était peu vraisemblable, le médecin demande le dosage des d-dimères, dans le but d’exclure le diagnostic, peu vraisemblable mais parfois trompeur, d’embolie pulmonaire. Le lendemain matin, Christine consulte à nouveau. Elle et son mari sont de plus en plus inquiets. Le taux de d-dimères est négatif. Le médecin est assez dubitatif, n’ayant pas d’explication évidente aux symptômes évoqués, lorsqu’en pleine consultation, Christine est prise d’une impressionnante quinte de toux asphyxiante, au point qu’elle devient toute rouge et est près de s’évanouir. C’était donc cela, le blocage respiratoire qu’elle décrivait difficilement. Dans le contexte actuel de recrudescence de la coqueluche, le médecin décide d’initier immédiatement un traitement azythromycine et de réaliser au préalable un frottis naso-pharyngé à la recherche de Bordettella pertussis et d’une Covid-19. Dès le lendemain, ce prélèvement confirme la coqueluche.
D’après un article du Dr E. Morlant (Bruxelles) ; Découvrez notre nouveau Tempo Médical, en ligne !
L’équipe de rédaction Tempo Today