Après un syndrome coronaire aigu (SCA), le risque de nouvel événement cardiovasculaire majeur reste particulièrement élevé, surtout au cours de la première année. Chez une proportion importante de patients, ce surrisque s’inscrit dans un contexte d’inflammation résiduelle ou chronique, pour laquelle il n’existe pas encore de traitement dédié.
Après l’épisode aigu, environ 60% des patients présentent une inflammation résiduelle. La persistance de marqueurs inflammatoires circulants est associée à un risque élevé de récidive, particulièrement durant la première année suivant l’événement. Dans ce contexte, l’attention s’est portée sur un type de cellules immunitaires, les lymphocytes T régulateurs (Treg), connus pour freiner les réponses inflammatoires excessives et contribuer à la tolérance immunitaire.
Des études antérieures ont montré qu’au cours d’un SCA, ces cellules sont moins nombreuses et leurs fonctions sont altérées. Par ailleurs, l’intérêt d’augmenter les Treg a été mis en évidence dans des modèles animaux d’athérosclérose ou d’infarctus du myocarde.
Partant de ces éléments, une stratégie centrée sur l’immunité adaptative a été testée en s’appuyant sur l’interleukine-2 (IL-2), une molécule du système immunitaire impliquée dans l’activation des lymphocytes T. L’IL-2 est déjà utilisée en oncologie à forte dose, mais ce schéma est contre-indiqué chez des patients atteints de pathologies cardiovasculaires. En revanche, à faible dose, mille fois inférieure à celle utilisée en cancérologie, elle permet d’augmenter de manière significative et sans danger les Treg anti-inflammatoires chez des patients ayant présenté un SCA.
Dans un essai clinique de phase 2 incluant 60 patients ayant un SCA avec inflammation résiduelle, un court traitement par IL-2 à faible dose a été comparé à un placebo. Après huit semaines de traitement, le nombre de Treg était en moyenne 40% plus élevé chez les patients traités par IL-2 sur toute la durée du traitement. L’inflammation artérielle était quant à elle inférieure de 7,7% par rapport au placebo, une baisse considérée comme suffisante pour diminuer significativement le risque de récidive. L’effet était plus marqué lorsque l’inflammation initiale était plus élevée, et le traitement a été parfaitement toléré.
Avec un suivi d’un peu plus de deux ans, aucun patient ayant reçu l’IL-2 n’a présenté de récidive d’événement cardiovasculaire majeur, contre quatre patients dans le groupe placebo. Ces résultats, jugés prometteurs, ouvrent la voie à un essai clinique de phase 3, incluant un plus grand nombre de participants et un suivi plus long, afin de confirmer l’impact potentiel de l’IL-2 à faible dose sur la prévention des récidives après un SCA.
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L’équipe de rédaction Tempo Today