Une équipe américaine décrit, dans la revue Med, une approche exceptionnelle ayant permis de sauver un patient atteint d’un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) fulminant, compliqué d’une pneumonie nécrosante et d’un choc septique.
Dans ces situations, la mortalité dépasse 80 % et la transplantation pulmonaire est normalement impossible, car l’infection persistante et l’instabilité hémodynamique rendent la chirurgie trop risquée.
Les chercheurs ont mis au point un système extracorporel de poumon artificiel total (TAL) capable d’assurer à lui seul l’oxygénation, l’élimination du CO₂ et une partie du rôle circulatoire. Grâce à ce dispositif, ils ont pu retirer complètement les deux poumons du patient afin d’éliminer la source infectieuse, tout en maintenant une perfusion et une oxygénation compatibles avec la survie.
Le système TAL comportait un shunt adaptatif entre l’artère pulmonaire droite et l’oreillette droite pour compenser la perte du lit vasculaire pulmonaire, une oxygénation extracorporelle et un double retour vers l’oreillette gauche pour préserver un flux sanguin physiologique. Après la chirurgie, le besoin en vasopresseurs a disparu, signe d’une stabilisation hémodynamique complète, et le patient a pu être maintenu par le TAL jusqu’à la transplantation.
En parallèle, les chercheurs ont réalisé une analyse des poumons explantés. Les données ont montré une destruction diffuse et uniforme du tissu, avec infiltration massive de neutrophiles, macrophages dérivés de monocytes et lymphocytes T activés. Cette inflammation sévère coexistait avec une prolifération anormale de cellules basaloïdes et de myofibroblastes CTHRC1-positifs, entraînant la quasi-disparition de l’architecture alvéolaire normale. Les signatures moléculaires correspondaient à un stade terminal irréversible, excluant tout espoir de récupération spontanée.
Le patient a finalement reçu une transplantation pulmonaire et présente, deux ans plus tard, une fonction cardio-respiratoire excellente, démontrant le potentiel de cette stratégie comme pont vers la greffe pour des patients autrement non transplantables.
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L’équipe de rédaction Tempo Today