Le surpoids et l’obésité aggravent l’asthme de l’adolescent, avec plus d’exacerbations et de recours aux corticoïdes. Les agonistes des récepteurs du GLP-1 (GLP-1RA) sont de plus en plus utilisés pour la prise en charge du poids dans cette population, mais leurs effets sur l’asthme restaient peu documentés. Une étude rétrospective multicentrique vient de suggérer un bénéfice respiratoire potentiel.
À partir du réseau international de données TriNetX, les auteurs ont inclus des adolescents de 12 à 18 ans présentant à la fois asthme et surpoids/obésité. Les patients nouvellement traités par GLP-1RA ont été comparés, après appariement par score de propension (1:1), à un groupe recevant uniquement des mesures non pharmacologiques de contrôle pondéral. Au total, 1070 adolescents ont été analysés (535 par groupe), avec des caractéristiques de base bien équilibrées.
Sur 12 mois de suivi, les exacerbations aiguës d’asthme ont été moins fréquentes sous GLP-1RA que dans le groupe contrôle (5,4 % vs 10,7 % ; RR : 0,51 ; IC à 95 % : 0,33-0,78). Les visites aux urgences pour asthme (1,5 % vs 3,6 % ; RR : 0,42) et les prescriptions de corticoïdes systémiques (20,7 % vs 31,4 % ; RR : 0,66) étaient également réduites, de même que l’utilisation de bêta-2 mimétiques de courte durée d’action inhalés (32,3 % vs 44,7 % ; RR : 0,72).
Les auteurs évoquent un éventuel double effet des GLP-1RA dans cette population (contrôle pondéral et moindre risque d’exacerbation), sans pouvoir déterminer la part respective de la perte de poids et d’éventuels effets anti-inflammatoires propres. Les limites (dessin rétrospectif, risque de facteurs confondants résiduels, données essentiellement américaines) imposent de rester prudent : ces résultats doivent être confirmés par des essais randomisés avant d’envisager les GLP-1RA comme option adjuvante ciblée dans l’asthme de l’adolescent avec obésité.
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L’équipe de rédaction Tempo Today