Depuis le début de la pandémie, le médecin généraliste n’a quasiment jamais été consulté sur la bonne marche à suivre et la prise en charge de ce nouveau fléau. Il aurait pourtant eu bien des choses à dire, en somme…
Mais on a préféré faire appel à d’éminents virologues, infectiologues, géographes, épidémiologistes de tous bords pour gérer la crise. Le problème est que ces scientifiques n’ont le plus souvent aucun sens pratique puisque leur rôle consiste à proposer des solutions, non à les appliquer ! Alors, à tort ou à raison, le généraliste a subi et exécuté, en bon petit soldat de la médecine, tout ce qu’on lui demandait. Sa charge de travail en a été démultipliée. Elle a littéralement explosé sous le poids d’une paperasserie administrative et d’une gestion informatique écrasantes. En plus du suivi habituel de ses patients, le médecin traitant s’est vu affublé d’une série de tâches qui, le plus souvent, ne relève pas de ses attributions. Le gouvernement a voulu faire des médecins de terrain des hommes à tout faire, exécutant sans sourciller, une flopée de tâches administratives supplémentaires pour lesquelles les logiciels informatiques n’ont cessé d’évoluer et d’être upgradés à une vitesse sidérante. Mais nous ne sommes ni des gratte-papiers, ni des informaticiens ! En plus de notre charge de travail quotidienne, il a donc fallu se tenir au courant et se former, le plus souvent sans l’aide de personne, aux évolutions constantes de nos programmes médicaux pour répondre à des demandes incessantes qui n’auraient, en fait, pas dû passer par nous :- Documents « e-Form » pour tests PCR. Les motifs n’ayant souvent aucun lien avec notre profession : voyage en avion, retour de vacances, présence à des événements de masse, enfants non-vaccinés pour leur club sportif… Sans compter les « mises en quarantaine » pour tests positifs qui en découlent et les contrôles ultérieurs!
- La délivrance et/ou la mise en ligne des Covid Safe Tickets. Beaucoup de nos patients plus âgés, pourtant de bonne volonté, ont bien du mal à s’adapter et à se procurer le graal qui leur permettra de circuler et de vivre. Ils n’ont ni lecteur de carte eID, ni appli Itsme leur permettant de s’identifier. Résultats des courses c’est chez nous qu’ils reviennent, car bien entendu on leur a soufflé très fort au creux de l’oreille, que seul leur généraliste pouvait les aider. Combien d’applications CovidSafe n’ai-je pas téléchargées sur les smartphones de mes patients ? Combien de Certificats Numériques Européens n’ai-je pas imprimés ?
- La régularisation des vaccins ayant été faits à l’étranger nécessite, ni plus ni moins, le passage par 3 programmes différents : « vaccinnet.be » pour l’enregistrement des doses avec leur numéro de lot ; « Helena » pour émettre un code numérique ou QR code pour ceux n’ayant ni carte d’identité belge, ni Itsme et « ma santé.be » pour imprimer le document final.
- Sans compter la législation incompréhensible imposée à nos écoles, qui suscite tellement de questions et d’interrogations, qu’en dernier recours c’est à nous que les familles, complètement paumées, s’adressent pour sortir de cet imbroglio…
L’équipe de rédaction Tempo Today
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