L’idée que les oméga-3 puissent « soutenir le moral » des adolescents dépressifs est séduisante, d’autant que ces compléments sont perçus comme naturels et inoffensifs. Mais une large étude suisse vient de montrer que, dans la dépression majeure modérée à sévère, cette supplémentation n’apporte pas de bénéfice supplémentaire par rapport à un placebo lorsqu’elle est ajoutée à une prise en charge spécialisée.
Dans cet essai randomisé en double insu, des adolescents présentant un trouble dépressif majeur modéré à sévère ont été répartis en deux groupes : l’un recevait des oméga-3 à dose fixe en plus d’une psychothérapie standardisée, l’autre un placebo, avec possibilité d’ajouter un antidépresseur selon les recommandations en vigueur. Le suivi s’est prolongé sur plusieurs mois, le critère principal étant l’évolution de la sévérité des symptômes dépressifs, complétée par une série d’indicateurs cliniques : réponse, rémission, qualité de vie, suicidalité et tolérance.
Au fil du suivi, la dépression s’est améliorée dans les deux groupes, mais de façon parallèle : aucune différence n’a été mise en évidence ni sur la sévérité des symptômes, ni sur les taux de réponse ou de rémission, ni sur la qualité de vie ou la suicidalité. Les dosages sanguins d’oméga-3 confirmaient pourtant une bonne adhésion au traitement chez les jeunes du groupe supplémenté. Les événements indésirables graves, notamment les tentatives de suicide, ont concerné les deux groupes dans des proportions comparables, sans lien établi avec le traitement étudié. Malgré une prise en charge multimodale, une proportion importante d’adolescents restait d’ailleurs dépressive en fin d’étude, rappelant à quel point ces situations sont complexes.
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L’équipe de rédaction Tempo Today