Le lupus systémique avance rarement à visage découvert. D’un patient à l’autre, il peut toucher des organes très différents, évoluer par poussées, et laisser les équipes soignantes avec une question cruciale dès le diagnostic : quel sera le “scénario” de cette maladie chez cette personne précise ?
Mieux prévoir la trajectoire permettrait d’adapter plus tôt l’intensité du suivi et des traitements, en cherchant l’équilibre délicat entre calmer l’inflammation et préserver la capacité de défense contre les infections.
Une piste prometteuse vient de la biologie des mitochondries. Sur le plan évolutif, elles gardent une parenté avec les bactéries. Lorsqu’elles se retrouvent hors des cellules, notamment en situation de stress ou de maladie, le système immunitaire peut les percevoir comme des éléments étrangers et fabriquer des anticorps dirigés contre elles, ou contre leur ADN et leur ARN. L’idée est simple : si cette réponse immunitaire varie d’un patient à l’autre, elle pourrait aussi renseigner sur l’évolution future du lupus.
Pour explorer cette hypothèse, des chercheurs ont exploité une vaste base de données internationale réunissant des patients suivis sur le long terme. Des échantillons sanguins ont été analysés chez plus de mille personnes, du moment du diagnostic jusqu’à plusieurs années après, avec un recul global pouvant aller jusqu’à deux décennies. Trois types d’anticorps ont été mesurés : ceux ciblant les mitochondries elles-mêmes, ceux dirigés contre l’ADN mitochondrial, et ceux dirigés contre l’ARN mitochondrial.
Ces anticorps étaient plus abondants chez les personnes atteintes de lupus que chez des sujets en bonne santé, et surtout, leur niveau au diagnostic et au fil du temps semblait s’associer à des trajectoires cliniques distinctes. Par exemple, des niveaux élevés d’anticorps contre l’ARN mitochondrial étaient liés à des problèmes vasculaires chez les femmes, tandis que des niveaux élevés d’anticorps contre l’ADN mitochondrial étaient associés à des atteintes rénales et à la mortalité.
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L’équipe de rédaction Tempo Today