La mélatonine est devenue, en quelques années, le « réflexe sommeil » de nombreux parents. Pourtant, cette hormone figure aujourd’hui parmi les premières causes d’exposition médicamenteuse non supervisée et de surdosage en service d’urgences chez les jeunes enfants de 0 à 6 ans.
Une revue systématique récente vient rappeler à quel point les preuves scientifiques restent limitées dans cette tranche d’âge.
En passant au crible 19 études publiées entre 2000 et 2025, les auteurs observent une hausse nette des prescriptions, des utilisations prolongées et des intoxications à la mélatonine, en particulier au cours de la dernière décennie. Les essais d’intervention identifiés portent essentiellement sur de jeunes enfants présentant des troubles neurologiques, comme un trouble du spectre de l’autisme. Ils suggèrent que la mélatonine peut raccourcir le temps d’endormissement à court terme, avec peu d’effets indésirables rapportés. En revanche, aucune donnée robuste n’est disponible pour les enfants au développement typique, et les études ne permettent pas de conclure sur les conséquences à long terme, ni sur d’autres dimensions de la santé ou du comportement.
Au total, cette revue met en lumière un décalage préoccupant : l’usage de la mélatonine augmente chez les tout-petits, alors même que les preuves d’efficacité et de sécurité à long terme manquent dans la population la plus concernée. Les auteurs invitent les professionnels à privilégier d’abord les approches comportementales pour les troubles du sommeil du jeune enfant, et à réserver la mélatonine à des situations bien ciblées, en veillant à informer les parents sur les limites actuelles des connaissances et les risques de mésusage.
Pour en savoir plus, cliquez ici.
L’équipe de rédaction Tempo Today