Une étude publiée dans Neuron révèle que le cerveau réagit très rapidement à une alimentation riche en graisses : chez la souris, des troubles de la mémoire apparaissent après seulement deux jours…
Les chercheurs ont observé que le régime hypergras (58 % de lipides) perturbait le fonctionnement de l’hippocampe, une région essentielle à la formation des souvenirs. Plus précisément, il entraînait une hyperactivité des interneurones exprimant la cholécystokinine (CCK-INs) dans le gyrus denté. Ces neurones, normalement inhibés par le glucose, perdaient cette régulation, faute d’accès à une énergie suffisante.
Cette situation s’accompagnait d’une augmentation de l’activité d’une enzyme clé de la production d’ATP, la pyruvate kinase M2 (PKM2). En restaurant l’apport en glucose ou en inhibant cette enzyme, les chercheurs ont pu rétablir la fonction neuronale et inverser les déficits de mémoire.
Selon les auteurs, ces résultats révèlent « un mécanisme jusque-là méconnu par lequel le stress métabolique alimentaire altère la fonction hippocampique » et désignent les CCK-INs et PKM2 comme des cibles thérapeutiques prometteuses pour prévenir le déclin cognitif lié aux troubles métaboliques.
Bien que ces données proviennent de modèles murins, elles suggèrent que les effets d’un régime gras sur le cerveau surviennent bien avant la prise de poids ou le diabète, et pourraient être réversibles. Pour le neurologue Patric Stanton (New York Medical College), « il est frappant de constater que la formation de la mémoire peut être affectée en seulement quelques jours par une mauvaise alimentation ».
Selon le Dr Derek Cheng, ces observations renforcent l’idée que les facteurs de risque modifiables, tels que les choix alimentaires, jouent un rôle déterminant dans la santé cognitive.
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L’équipe de rédaction Tempo Today
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