La maladie d'Alzheimer est un continuum qui comporte trois phases : une longue phase préclinique asymptomatique, suivie d’une phase de léger déficit cognitif, et enfin, la démence à proprement parler. Quelles sont les évolutions en matière de diagnostic et de prise en charge de la maladie ?
Le diagnostic de la maladie d’Alzheimer se fait aujourd’hui en utilisant les changements pathologiques dans le cerveau. Ce sont des biomarqueurs qui évoluent d’un stade normal à un stade pathologique. Et il y a des biomarqueurs qui présentent déjà des modifications à un stade préclinique. L’atrophie peut être mesurée par IRM. L’amyloïde et tau peuvent être mesurés dans le liquide lombaire. Des biomarqueurs sanguins ont été identifiés, ils ne permettent pas encore de faire un diagnostic mais sont utiles dans le dépistage.
D’un point de vue du traitement, nous ne disposons pas encore de médicaments modificateurs de la maladie. L’objectif est dès lors de préserver la qualité de vie du patient et son autonomie le plus longtemps possible, ce qui signifie une prise en charge individualisée. Les options de traitement actuelles se limitent à la psycho-éducation et à la revalidation cognitive, ainsi qu’aux traitements pharmacologiques symptomatiques dont les effets sont modestes et temporaires. Il faut aussi rester attentif aux changements de comportements, et gérer les facteurs de risque cardiovasculaires.
Le développement des anticorps monoclonaux anti-amyloïdes soulève des espoirs mais l’Europe tarde à approuver leur commercialisation. Des essais cliniques de phase 3 ont montré l’efficacité du lécanémab et du donanemab sur la réduction du déclin cognitif. Ces médicaments ne vont pas guérir la maladie mais freiner son évolution.
Dans le futur, nous aurons des médicaments modificateurs de la maladie qui susciteront très certainement des débats autour de certaines questions telles que ‘faut-il faire un dépistage au niveau national ?’, ou ‘qu’en est-il du droit de ne pas savoir ?’…
D’après une présentation du Pr Sebastiaan Engelborghs (UZ Brussel). Congrès Neuro-Psychiatrie 2024
L’équipe de rédaction Tempo Today