En Europe, on répertorie deux millions de nouveaux infarctus par an et des millions de patients sont traités chroniquement par bêta-bloquants à vie. L’utilité de ces bêta-bloquants, à l’ère de la revascularisation coronaire, est débattue faute de preuve récente.
L’essai randomisé multicentrique ABYSS avait pour objectif d’évaluer la sécurité de l’interruption des bêta-bloquants en termes d’événements cardiovasculaires et l’utilité en termes d’amélioration de la qualité de vie chez des patients chroniquement traités et ayant été victimes d’un infarctus du myocarde il y a plus de 6 mois sans séquelle myocardique importante, ni insuffisance cardiaque.
Cet essai randomisé a été mené auprès de 3.698 patients qui ont été suivis sur une période médiane de trois ans.
Les résultats montrent que l’interruption des bêta-bloquants est associée à un surrisque de 2,8% de récidive d’événements cardiovasculaire et à 16% d’augmentation du risque relatif chez les patients arrêtant le bêta-bloquant, ne permettant pas de démontrer la non-infériorité de cette stratégie.
L’augmentation des événements cardiovasculaires dans le bras–arrêt des bétabloquants était principalement portée par les récidives d’hospitalisations pour raison cardiovasculaire. De plus, l’arrêt du traitement bêta-bloquant n’a eu aucun impact significatif sur la qualité de vie du patient.
L’étude ABYSS montre également un rebond significatif en termes de pression artérielle et de fréquence cardiaque, et un surrisque d’événements cardiovasculaires particulièrement marqué chez les patients avec une hypertension arrêtant leur bêtabloquant, soulignant la nécessité de poursuivre ce traitement à long terme, en particulier chez les patients hypertendus.
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L’équipe de rédaction Tempo Today