L’IA n’est plus un prototype hospitalier. Elle s’intègre progressivement aux flux cliniques, à l’aide au diagnostic, à la stratification du risque ou à l’optimisation organisationnelle. Mais son déploiement pose des questions concrètes de responsabilité, de qualité des données, d’équité et d’acceptabilité.
Dans ce contexte, la Clinique Saint-Luc Bouge annonce l’adoption d’une charte relative au développement et à l’utilisation éthique de l’intelligence artificielle, approuvée par son Conseil d’administration et applicable à l’ensemble des collaborateurs recourant à ces outils.
Cette charte se veut pragmatique et alignée sur le cadre réglementaire européen : elle s’appuie explicitement sur l’AI Act (en vigueur depuis août 2024) et rappelle notamment l’obligation de former les collaborateurs à l’IA, exigence entrée en application depuis février 2025. Porté au départ par Adrien Dufour (Directeur général), le projet a été construit avec la Déléguée à la Protection des Données, Perrine Goderniaux, et l’Attachée aux Affaires juridiques, Claudine Paie.
Sur le fond, plusieurs principes structurent l’encadrement. D’abord, la protection des données personnelles, dans l’esprit du RGPD, avec une logique de proportionnalité et de minimisation : un outil ne doit recevoir que les données strictement nécessaires à sa finalité. Ensuite, la non-discrimination, afin d’éviter des performances différentielles selon les groupes, illustrée par l’exemple classique des outils de détection dermatologique qui doivent rester fiables sur des phototypes variés.
La Clinique insiste aussi sur la transparence et l’explicabilité : documentation, compréhension des données d’entraînement, et capacité à interpréter les résultats.
Et surtout, l’IA ne remplace pas l’humain. L’outil assiste ; le professionnel garde l’esprit critique, vérifie, et réévalue dans le temps, y compris si l’algorithme dérive et doit être réentraîné.
Prochaine étape annoncée : déploiement de formations internes et mise à disposition de contenus de sensibilisation, y compris pour les patients via l’intranet et le site web.
L’équipe de rédaction Tempo Today