L’obésité ne se résume ni à un manque de volonté ni à une simple « réserve de graisse en trop ». Elle est d’abord une maladie du cerveau, façonné pour survivre à la pénurie et désormais plongé dans un environnement foisonnant d’aliments ultra-caloriques et de sédentarité. Ce décalage, modulé par les gènes, le sexe et les hormones, explique en grande partie pourquoi plus d’un milliard de personnes vivent aujourd’hui avec l’obésité et pourquoi il est si difficile de maintenir une perte de poids durable.
Au cœur de ce processus se trouve l’hypothalamus, véritable centre de régulation de la faim et de la dépense énergétique. Quand le poids baisse, il réagit comme à une menace et déclenche des mécanismes de défense puissants : augmentation de l’appétit, baisse de la dépense énergétique, installation d’une « mémoire obésogène » qui pousse à reprendre les kilos perdus. L’inflammation de cette région, sous l’effet d’un régime hypercalorique, du stress, du manque de sommeil ou de facteurs hormonaux, perturbe les neurones de la faim et de la satiété ainsi que la microglie, les cellules immunitaires du cerveau. Ces réponses ne sont pas identiques chez les hommes et les femmes : les œstrogènes confèrent un certain temps une protection métabolique aux femmes, qui s’atténue à la périménopause et à la ménopause, période critique pour le risque cardiométabolique.
Les traitements de l’obésité ont été bouleversés par l’arrivée des agonistes du récepteur GLP-1, comme le sémaglutide, capables d’agir à la fois en périphérie et sur le cerveau pour réduire le poids. Mais ces médicaments ont leurs limites : effets digestifs, perte de masse maigre, reprise pondérale après l’arrêt, réponses variables selon le profil biologique et le sexe. D’où l’intérêt croissant pour des approches qui ciblent plus directement le cerveau, notamment la nanomédecine, qui utilise des nanoparticules pour acheminer des molécules vers les circuits neuronaux qui contrôlent l’appétit et l’équilibre énergétique.
En combinant modes de vie sains et thérapies cérébrales plus précises, l’objectif n’est plus de culpabiliser les personnes, mais de traiter l’obésité pour ce qu’elle est réellement : une maladie chronique complexe, enracinée dans le fonctionnement du cerveau.
Pour en savoir plus, cliquez ici.
L’équipe de rédaction Tempo Today