Les dernières directives alimentaires fédérales américaines invitent les citoyens à « prioriser les aliments protéiques à chaque repas » et à augmenter nettement leur consommation, jusqu’à deux fois les anciens repères. La nouvelle pyramide alimentaire met particulièrement l’accent sur la viande rouge, le lait entier et d’autres sources animales, reléguant les protéines végétales au second plan, au grand scepticisme de nombreux spécialistes de la nutrition.
Les recommandations passent de 0,8 à 1,2–1,6 g de protéines par kilo de poids corporel, avec un minimum de 100 g par jour chez l’adulte, dont au moins la moitié provenant d’aliments d’origine animale. Selon le document scientifique qui accompagne ces directives, l’ancien seuil visait surtout à prévenir les carences et ne garantissait pas un « fonctionnement musculaire et métabolique optimal ». Les auteurs estiment, sur base d’une trentaine d’études, que des apports bien supérieurs seraient « sûrs et compatibles avec une bonne santé ».
De nombreux experts jugent toutefois ce virage excessif, rappelant que l’Américain moyen consomme déjà autour de 100 g de protéines par jour. En dehors d’un contexte de musculation ou d’entraînement de résistance, les preuves que davantage de protéines améliore la santé restent limitées, alors qu’un excès peut être converti en graisse, favoriser l’accumulation de tissu adipeux abdominal et augmenter le risque de diabète. Autre crainte : voir l’industrie inonder le marché de barres, céréales et snacks « enrichis en protéines », brouillant encore les messages de santé publique qui encouragent à privilégier des aliments peu transformés.
Les nouvelles lignes directrices pourraient aider certains à remplacer une partie des glucides ultra-transformés par des protéines de qualité, mais beaucoup redoutent qu’elles ne se traduisent surtout par… plus de malbouffe protéinée.
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L’équipe de rédaction Tempo Today