Douleur ou pesanteur dans le haut de l’abdomen, sensation de satiété après quelques bouchées, nausées, brûlures, impression que la digestion « s’arrête » : les symptômes sont fluctuants mais bien présents, alors que les examens restent le plus souvent rassurants. Cette apparente contradiction alimente les malentendus, alors qu’il s’agit bel et bien d’une affection somatique, au retentissement majeur sur la vie quotidienne.
Ces troubles trouvent leur origine dans l’association de plusieurs mécanismes. L’estomac peut se vider plus lentement, les nerfs de sa paroi devenir excessivement sensibles, tandis que le cerveau amplifie les signaux en provenance du tube digestif. Ce dialogue perturbé entre l’estomac et le système nerveux explique pourquoi certains patients réagissent si intensément à des stimuli pourtant modestes. Les symptômes ne relèvent donc ni de l’exagération, ni de l’imagination : ils traduisent une altération de la fonction gastrique et de la manière dont les messages digestifs sont décodés et intégrés.
Lorsque la gastroscopie, les analyses biologiques ou l’imagerie ne révèlent aucune anomalie, il arrive que l’on conclue, à tort, qu’« il n’y a rien ». Pour les patients, ce message peut être vécu comme une forme de déni, alors même que la maladie s’immisce dans tous les aspects du quotidien. Beaucoup adaptent leur alimentation, organisent leurs journées en fonction des repas, anticipent l’inconfort et finissent parfois par douter de leur propre corps. La vie sociale, les performances professionnelles et même les gestes les plus ordinaires peuvent en être profondément affectés. Sur ce terreau, anxiété et stress viennent volontiers se greffer : ils intensifient les symptômes mais ne les expliquent pas à l’origine. L’affection n’est pas psychogène, même si des facteurs psychologiques peuvent en moduler l’expression.
La prise en charge repose sur une approche individualisée plutôt que sur une solution standard. Des ajustements alimentaires (repas plus petits et plus fréquents, prise alimentaire ralentie), une médication ciblée et des stratégies visant à atténuer l’hypersensibilité entre l’estomac et le cerveau peuvent apporter un réel soulagement. Le point de départ reste toutefois la reconnaissance : nommer la maladie, expliquer ce qui se joue sur le plan digestif et accompagner le patient dans la recherche d’une combinaison de mesures adaptée.
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L’équipe de rédaction Tempo Today