La vaccination antigrippale se fait en principe par injection intramusculaire. Mais lorsque le geste est imparfait, le vaccin peut être délivré trop superficiellement dans le tissu sous-cutané. C’est dans ce contexte que peuvent apparaître, rarement, des nodules parfois gênants et prurigineux, et plus exceptionnellement des lipomes, des tumeurs bénignes liées notamment à un traumatisme des tissus sous-cutanés.
Une étude s’est intéressée à ce phénomène à partir de données de dossiers médicaux électroniques issues de la base mondiale TriNetX. Les chercheurs ont identifié plus de 400.000 personnes âgées de 12 à 75 ans ayant reçu au moins trois doses annuelles parmi les vaccins antigrippaux les plus courants, administrés en ambulatoire ou à l’hôpital. Les personnes présentant certaines maladies préexistantes favorisant les lipomes ont été exclues. Les taux de nodules sous-cutanés et de lipomes du haut du bras dans les deux semaines suivant la vaccination ont ensuite été comparés à ceux d’un groupe témoin apparié n’ayant jamais reçu de vaccin contre la grippe.
Globalement, les personnes vaccinées présentaient un risque plus élevé de développer un nodule sous-cutané dans ce délai court. Lorsque l’analyse distinguait les formulations, ce surrisque était surtout observé avec certaines formulations quadrivalentes, tandis qu’aucune association n’était retrouvée avec les formulations trivalentes. Une tendance comparable était décrite pour les lipomes : l’augmentation du risque concernait principalement des vaccins quadrivalents, alors qu’aucun signal n’apparaissait avec les vaccins trivalents.
Selon les auteurs, l’étude ne permet pas d’expliquer un mécanisme précis, mais elle s’inscrit dans une logique déjà connue en médecine, où l’injection sous-cutanée accidentelle d’un produit destiné au muscle peut favoriser des réactions locales. Ils soulignent aussi que la prévention passe avant tout par la qualité du geste technique, qui dépend de paramètres concrets comme la longueur et le calibre de l’aiguille, l’angle d’injection et la bonne identification du site intramusculaire.
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L’équipe de rédaction Tempo Today