Une étude observationnelle menée dans plusieurs services hospitaliers rappelle que la tenue vestimentaire n’est pas un détail en matière de prévention des infections. En analysant les manches longues de soignants, les chercheurs ont constaté que la grande majorité étaient colonisées par des bactéries, avec parfois des germes potentiellement pathogènes.
Sur 280 prélèvements réalisés sur des manches de blouses ou de vêtements portés en milieu hospitalier, 81 % présentaient une croissance bactérienne et, dans 21 % des cas, au moins un pathogène potentiel était identifié, notamment des streptocoques α-hémolytiques, des espèces de Bacillus, des bacilles Gram négatif ou encore Staphylococcus aureus.
Le type de tissu jouait un rôle non négligeable : les manches en tissu polaire étaient les plus contaminées, avec plus de 40 % d’échantillons hébergeant au moins un pathogène, contre environ un tiers pour les fibres synthétiques non polaires et un quart pour le coton. Les échantillons prélevés en dehors des unités de soins intensifs étaient également plus souvent positifs que ceux issus des soins intensifs, suggérant un effet des pratiques et protocoles locaux.
Les auteurs n’ont pas pu démontrer de transmission directe des manches vers les patients, mais ils rappellent que les vêtements se recontaminent massivement en quelques heures, même après un lavage approprié. Des mesures simples comme retrousser les manches afin de faciliter une hygiène des mains « au-delà des poignets » pourraient limiter le risque. Certains pays, comme le Royaume-Uni, ont d’ailleurs adopté une politique de type « bras nus au-dessous des coudes » pour les soignants, déjà soutenue par des sociétés savantes en épidémiologie hospitalière, même si elle reste optionnelle ailleurs.
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L’équipe de rédaction Tempo Today