Une étude menée par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et l’Université de Genève (UNIGE) révèle que 69 % des tweets publiés entre 2019 et 2022 sur l’obésité véhiculent des sentiments négatifs. Ces messages, souvent critiques, reflètent une stigmatisation sociale alimentée par les réseaux sociaux et amplifiée par les déclarations de personnalités politiques et de célébrités.
Les chercheurs ont analysé plus de 53 000 tweets, montrant une corrélation entre les pics de messages négatifs et des événements spécifiques, tels que des campagnes gouvernementales ou des commentaires publics sur le poids de personnalités connues. Les tweets en lien avec l’obésité étaient également très souvent associés au racisme, à des choix de vie différents et à des maux sociaux, tels que la consommation de substances illicites et d’alcool.
L’étude démontre que les représentations négatives de l’obésité par des personnalités politiques et des célébrités contribuent à des sentiments négatifs du public et à la perpétuation de stéréotypes et de préjugés à l’encontre des personnes obèses et en surpoids. Cette stigmatisation peut entraîner des conséquences sur la santé mentale et le bien-être de ces personnes, mais aussi avoir des effets néfastes sur la santé publique.
Les chercheurs ont constaté que les pics de critiques ont été corrélés à des événements politiques et des commentaires de célébrités. Ainsi, de nombreux messages négatifs ont été diffusés lorsque des personnes célèbres, en surpoids, ont été hospitalisées pour une Covid-19, lorsque le président des États-Unis a annoncé vouloir perdre du poids ou lors du lancement d’une campagne du Gouvernement britannique contre l’obésité. L’étude constate que, lorsque des personnes connues publient des commentaires ou des opinions négatifs sur l’obésité, les personnes abonnées sont plus susceptibles de s’engager dans des conversations similaires.
L’étude met en lumière le rôle des réseaux sociaux dans la formation des attitudes collectives sur des problématiques de santé. Les chercheurs appellent à intégrer ces résultats dans les politiques de prévention et les campagnes thérapeutiques, pour contrer les impacts négatifs des discours stigmatisants en ligne.
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L’équipe de rédaction Tempo Today