Une vaste étude génétique sur la fréquence des selles met en lumière, de façon inattendue, le rôle du métabolisme de la thiamine (vitamine B1) dans la régulation du transit intestinal.
En analysant les données de 268 606 participants européens et est-asiatiques (questionnaires de fréquence des selles + génétique), une équipe internationale a identifié 21 régions génomiques associées à la motricité intestinale, dont 10 jamais décrites auparavant. Plusieurs signaux confortent des voies déjà bien connues des cliniciens : régulation des acides biliaires, transmission cholinergique et contrôle neuro-musculaire de la paroi digestive.
Plus surprenant, deux gènes prioritaires convergent vers la biologie de la vitamine B1, impliqués dans son transport et son activation (SLC35F3, XPR1). En s’appuyant ensuite sur les données nutritionnelles de près de 100 000 volontaires de l’UK Biobank, les auteurs observent qu’un apport alimentaire plus élevé en thiamine est associé à une fréquence plus importante des selles, avec un effet modulé par le profil génétique au niveau de ces gènes.
Selon les auteurs, ces résultats dressent une première « carte » génétique des voies qui règlent la vitesse du transit intestinal et mettent particulièrement en avant le métabolisme de la vitamine B1, aux côtés de mécanismes déjà connus comme les acides biliaires et la signalisation nerveuse. L’étude suggère aussi un chevauchement biologique avec le syndrome de l’intestin irritable et d’autres troubles de la motricité intestinale, et fournit une série de pistes clairement testables pour les prochaines étapes de recherche, qu’il s’agisse d’expériences en laboratoire ou d’études cliniques soigneusement conçues.
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L’équipe de rédaction Tempo Today