Le refus de prolonger le délai légal pour l’avortement enfonce des milliers de femmes dans une situation encore plus précaire. « Ce refus est une honte pour les droits des femmes et pour les six millions de femmes dans notre pays. Pour celles qui vivent dans des situations vulnérables, c’est une véritable catastrophe ».
En Belgique, les femmes en situation de précarité sans accès aux soins sont pénalisées depuis des décennies par des procédures administratives complexes. Selon un rapport de Médecins du Monde, soutenu par les centres d’avortement flamands (LUNA) et tous les Centres francophones de Planning Familial, ces femmes doivent passer par des démarches bureaucratiques particulièrement lourdes pour obtenir une interruption de grossesse.
L’autorisation du CPAS, un parcours du combattant
« Les femmes sans accès aux soins sont obligées de demander une autorisation au CPAS pour obtenir un avortement, » explique Ellen Verryt, coordinatrice pour la Flandre chez Médecins du Monde. « Ce processus peut prendre jusqu’à 9 semaines, durant lesquelles ces femmes doivent passer par dix entretiens différents et traverser jusqu’à huit guichets avant d’espérer une réponse du CPAS. »
Dépassement du délai légal pour les femmes vulnérables
Cette procédure longue et complexe pousse souvent ces femmes à dépasser le délai légal de 12 semaines pour pratiquer une IVG en Belgique. Elles doivent alors rassembler des fonds pour se rendre aux Pays-Bas ou, pire encore, poursuivre une grossesse non désirée. Un fardeau d'autant plus lourd que ces femmes sont souvent victimes de violences sexuelles, selon le rapport.
Une lueur d’espoir déçue
La proposition de loi visant à allonger ce délai à 18 semaines suscitait l’espoir parmi les organisations comme Médecins du Monde. « Nous espérions mettre fin à cette course contre la montre administrative et discriminatoire. Mais aujourd’hui, malgré le consensus scientifique et les avis des experts indépendants, nous constatons qu’il n’y a aucune amélioration. La Belgique reste à la traîne en matière de droits à l’avortement en Europe. »
Médecins du Monde continuera à soutenir les femmes sans accès aux soins, quitte à utiliser ses propres ressources ou à les orienter vers les Pays-Bas.
L’équipe de rédaction Tempo Today