La décision de l’administration Trump de mettre fin à la participation américaine à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ouvre une zone de turbulences pour la coopération internationale en santé, avec des conséquences possibles sur la surveillance des épidémies, les campagnes de vaccination et l’équilibre des pouvoirs entre grandes puissances.
Historiquement, les États-Unis ont été un moteur majeur de l’action de l’OMS, notamment via la « diplomatie vaccinale » (éradication de la variole, lutte contre la poliomyélite, programmes élargis de vaccination infantile soutenus par l’USAID). Le retrait, couplé au démantèlement de l’USAID et à l’arrêt de la majorité de ses programmes, affaiblit ce pilier financier et technique et laisse un vide que d’autres acteurs, au premier rang desquels la Chine, sont prêts à combler en augmentant leurs contributions volontaires. La non-signature par les États-Unis du nouvel accord pandémie confirme ce recentrage sur des accords bilatéraux au détriment des cadres multilatéraux.
Au-delà des enjeux géopolitiques, les répercussions pratiques concernent la capacité à détecter et suivre les menaces infectieuses : la participation américaine au système mondial de surveillance de la grippe, aux missions d’investigation des flambées (dengue, mpox, Ebola, MERS, etc.) ou encore au partage de données et d’échantillons pourrait être fragilisée.
Pour des pays comme le Canada et les partenaires européens, ce désengagement impose de renforcer leur propre soutien à l’OMS, tout en investissant davantage dans la surveillance, la recherche et la communication en santé publique, afin de préserver une réponse coordonnée face à des risques sanitaires qui, eux, ignorent les frontières politiques.
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L’équipe de rédaction Tempo Today