De nombreux patients diabétiques ou prédiabétiques prennent des compléments pour « mieux contrôler » leur glycémie. Certains de ces produits modulent directement la glycémie ou la pharmacocinétique des traitements, avec un risque de déséquilibre (hypoglycémie, perte d’efficacité). Un recensement récent met en avant six suppléments à surveiller tout particulièrement.
Berbérine
La berbérine, présentée comme une alternative « naturelle » à la metformine, partage plusieurs mécanismes avec celle-ci (réduction de la production hépatique de glucose). Associée à un antidiabétique oral, elle peut majorer la baisse de la glycémie et les effets digestifs. Une surveillance rapprochée et une adaptation de dose peuvent être nécessaires.
Cannelle
Les extraits de cannelle peuvent abaisser modestement la glycémie à jeun et l’HbA1c. En complément de sulfamides hypoglycémiants ou d’insuline, ils augmentent le risque d’hypoglycémie, surtout sous forme de compléments concentrés plutôt que de simple épice culinaire.
Ginseng
Le ginseng modifie l’insulinosécrétion, la captation du glucose et la glycémie postprandiale. Les effets sont variables selon les préparations, mais une potentialisation des traitements hypoglycémiants, avec risque d’hypoglycémie ou de réponse imprévisible, est possible.
Millepertuis (St John’s wort)
Le millepertuis induit des enzymes (CYP3A4) et des transporteurs médicamenteux, diminuant l’exposition à de nombreux médicaments. Il a montré des effets sur la façon dont la metformine est métabolisée, avec un risque de modification de son efficacité. Chez les patients polymédiqués, son usage est déconseillé sans avis spécialisé.
Aloé vera
L’aloé vera peut réduire la glycémie à jeun et l’HbA1c, en particulier la glycémie postprandiale, mais l’ampleur de l’effet reste mal définie. En association avec des antidiabétiques, il existe un risque théorique d’hypoglycémie et d’effets digestifs selon la formulation.
Chrome
Le chrome peut améliorer modestement la sensibilité à l’insuline et l’HbA1c, surtout chez les sujets carencés. En renforçant l’action de l’insuline, il peut, à doses élevées, favoriser l’hypoglycémie lorsqu’il est associé à un traitement hypoglycémiant. Des doses de 200 µg/j pendant 6 mois sont considérées comme sûres, avec prudence en cas d’atteinte rénale ou hépatique.
Pour le clinicien, le message clé reste d’interroger systématiquement les patients sur leurs compléments, de rappeler que « naturel » ne signifie pas inoffensif et d’ajuster, si besoin, le traitement antidiabétique et la surveillance glycémique.
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L’équipe de rédaction Tempo Today