L’essor des agonistes des récepteurs du GLP-1, comme le sémaglutide et le tirzépatide, a profondément modifié la prise en charge de l’obésité. Leur utilisation s’étend désormais à des populations plus complexes, notamment les patients vivant avec un cancer, chez qui l’excès pondéral est fréquent et peut influencer le pronostic.
L’usage de ces traitements dans un contexte oncologique soulève des questions spécifiques, liées par exemple au risque de toxicités, aux variations de poids induites par les traitements anticancéreux ou encore à la cachexie. Les données probantes restent limitées, ce qui justifie un examen attentif des pratiques réelles de prescription.
En analysant plus de 569.000 dossiers de patients adultes nouvellement diagnostiqués avec l’un de 14 cancers fréquents entre 2021 et 2025, les auteurs ont cherché à déterminer dans quelle mesure le sémaglutide et le tirzépatide sont prescrits à des personnes obèses sans diabète préexistant. Parmi cette population importante, un peu plus de 23.500 patients, soit environ 4 %, ont reçu au moins une prescription de GLP-1 RA pendant la période d’étude. Les patients traités différaient nettement des non-traités : ils étaient en moyenne plus jeunes, plus souvent des femmes et présentaient un IMC significativement plus élevé.
En mai 2025, le taux d’initiation atteignait 0,7 %, après avoir augmenté régulièrement depuis 2021, où il n’était encore que de 0,01 %. Les pratiques variaient fortement selon le type de cancer : les taux les plus élevés concernaient les cancers thyroïdiens, mammaires et de l’endomètre. À l’inverse, les cancers du poumon, du foie et du pancréas présentaient les taux les plus faibles.
L’étude présente certaines limites, notamment son caractère descriptif sans ajustement des facteurs de confusion, les risques de mauvaise classification inhérents aux données de dossiers médicaux électroniques, et l’impossibilité de distinguer les phases de traitement oncologique actif ou d’entretien. Cependant, les résultats mettent en évidence une adoption rapide, hétérogène et croissante des GLP-1 RA dans une population fragile, en l’absence de recommandations spécifiques liant obésité, cancer et utilisation de ces traitements chez des patients non diabétiques.
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L’équipe de rédaction Tempo Today